L’œil de Téhéran

Edito
S. Barensky. Crédit : C. Deligey - Aerospatium.

Dans sa contre-offensive par missiles balistiques et drones après le début des frappes israélo-américaines, l’Iran a réussi à atteindre quelques sites peu faciles à identifier sans un renseignement de qualité : le bureau de la CIA à Riyad, au moins cinq radars de défense Thaad dans trois pays… D’où viennent ces informations de ciblage si stratégiques et si précises ?

De satellites russes, vraisemblablement.

Le programme spatial iranien – qui se compose de deux volets séparés, celui de l’agence spatiale iranienne et celui des Gardiens de la révolution – reste très limité. L’un des facteurs restrictifs tient à la faible fiabilité et la faible capacité de ses lanceurs.

Depuis 2012, l’Iran n’est parvenu à mettre sur orbite que quatre satellites d’observation, ne dépassant pas 50 kg, dont trois satellites Noor des Pasdarans, qui ne sont que des cubesats 6U. Tous sont retombés depuis. En revanche, la Russie a lancé trois satellites d’observation iraniens depuis 2022, dont un de 250 kg, de fabrication russe. Le 12 février, elle a même mis sur orbite géostationnaire Jam-e Jam, le premier satellite de télécommunications du pays, sur lequel aucune information technique n’a fuité.

Moscou ne dispose plus que de moyens spatiaux limités : une dizaine de satellites optiques, une demi-douzaine de satellites de reconnaissance électronique et plus aucun satellite radar, alors même que Washington comme Pékin alignent sur orbite pléthore de capteurs orbitaux divers et variés. Le Kremlin n’a pas pu aider son allié vénézuélien, mais il va faire son maximum pour Téhéran dont les drones Shahed lui ont bien servi en Ukraine. Triple intérêt pour Vladimir Poutine : conserver un de ses derniers alliés, mettre à mal le stock d’antimissiles que les Occidentaux pourraient fournir à l’Ukraine et maintenir un prix du pétrole élevé pour améliorer les revenus de sa « flotte fantôme ».

Il n’y a pas de petit profit.

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