Soap opera

Edito
S. Barensky. Crédit : C. Deligey - Aerospatium.

Depuis avril, le monde économique, et notamment sa composante aéronautique, est suspendu aux décisions et volte-face du locataire de la Maison Blanche, qui exerce son « art de la négociation » en alternant ultimatums et reculades, en un étonnant « sur-place » sur l’air de « retenez-moi ou je fais un malheur ». Les absurdes « tariffs » qu’il veut imposer au monde ont de nouveau été reportés, du 9 juillet au 1er août, car le président ne peut pas se résoudre à ce que ses demandes de « négociations » commerciales soient restées lettres mortes chez la plupart de ses partenaires.

Ce concept du « tout est possible mais rien ne se passe » rappelle ces interminables sagas télévisuelles américaines qui ont conquis les écrans du monde entier, à coup de retournements aussi improbables qu’ineptes. On les appelait « soap operas », car elles s’adressaient principalement aux femmes aux foyers et étaient financées par les publicités pour les lessives. Vedette de la télé-réalité, Donald Trump semble avoir introduit cette recette à la Maison Blanche, mais cette immobilité n’est qu’apparente.

En effet, pendant ce temps, il a pu promulguer son « One Big Beautiful Bill Act » [sic] le 4 juillet. Celui-ci ajoutera 3 400 Md$ à la dette du pays. L’industrie aérospatiale américaine devrait toutefois trouver quelque bénéfice dans cette loi de « réconciliation budgétaire » qui accorde une rallonge de 150 Md$ au Pentagone (dont 25 Md$ pour le « Golden Dome ») et 10 Md$ pour la Nasa. Cette dernière enveloppe comprends des fonds pour la station Gateway (2,6 Md$) et les missions Artemis 4 et 5 (4,1 Md$)… annulées dans le projet de budget pour 2026 ! Au passage les livraisons d’armes à l’Ukraine vont reprendre. Comme quoi, tout est possible et parfois même arrive contre toute attente.

Prochain épisode dans Aerospatium n°221 daté du 15 août.

AUCUN COMMENTAIRE