Du déficit au satisfecit

Stefan Barensky, rédacteur en chef d'Aerospatium.

Entendus en audition publique par les députés de la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale, Alain Charmeau et Antoine Bouvier, respectivement P-DG d’ArianeGroup et de MBDA, ont pu exprimer leur satisfaction face à un projet de Loi de programmation militaire qui met fin à une peau de chagrin budgétaire. Les composantes océanique et aérienne de la force de dissuasion seront préservées face à des moyens antimissiles de plus en plus efficaces développés par les autres puissances nucléaires mais voués à se disperser dans d’autres pays via les ventes à l’export.

L’industrie aéronautique française de défense avait connu un ballon d’oxygène avec les succès à l’export du Rafale, à domicile elle bénéficiera d’un soutien indispensable pour le maintien opérationnel des plateformes actuelles et le développement de leurs versions futures afin que le niveau de disponibilité des moyens ne soit plus une cause d’embarras quand vient l’heure de compter ses troupes avant une opération. Ce problème de mise à jour et de maintien en condition ne peut qu’empirer alors que les pilotes volent sur des appareils dont la conception date d’avant leur naissance, voire celle de leurs parents.

Certes l’argent ne fait pas tout sans une volonté politique, comme nous le démontre l’Allemagne, mais un positionnement clair reste un signal fort aussi en politique étrangère.

Pour mémoire, rappelons que le Pentagone, qui avait doublé son budget, déjà mirifique, au lendemain du 11 septembre, prévoit de battre de nouveaux records tous les ans. Son industrie en profite : l’an dernier Lockheed Martin représentait une plus grande part du budget fédéral que le Département d’État. Et pendant ce temps, la Chine a décuplé son budget militaire en quinze ans.

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