La nouvelle richesse du golfe

Stefan Barensky, rédacteur en chef d'Aerospatium.

Le programme spatial de la toute récente agence spatiale émirienne, qui vient à peine de fêter ses trois ans, peut prêter à sourire. De façon relativement désinvolte, il passe d’un petit orbiteur martien lancé en 2020 à l’implantation d’une colonie à l’architecture fort dubaïote sur la planète rouge… en 2117 !

Qu’on ne s’y trompe pas, l’objectif, inatteignable du vivant de la plupart d’entre nous, n’est qu’un prétexte, mais il souligne une volonté de se projeter dans un avenir au-delà du présent pétrolier. Les Émirats tablent sur un taux de croissance de 4 % par an jusqu’à la fin de la décennie, en insistant bien sur le fait que l’essentiel de cette croissance ne sera pas le fait de l’économie des hydrocarbures. L’émirat de Dubaï, moins riche en pétrole que ses voisins, a depuis longtemps diversifié son économie vers la banque, le tourisme, ou le trafic maritime et aérien.

Aujourd’hui l’aéronautique représente 27 % de son PIB et les projets d’aménagement autour du nouvel aéroport Al-Maktoum laissent à penser que cela va continuer ainsi. Les entreprises étrangères sont de plus en plus représentées dans la zone et des structures locales apparaissent pour bénéficier des partenariats et des offset. Un effort important a été également mis sur l’éducation, avec la multiplication des formations d’ingénieurs et de spécialistes de haut niveau, des deux sexes. Un projet vise à la formation d’un million de codeurs informatiques arabes.

Par cette politique volontariste, les Émirats préparent une économie post-ressources naturelles mais pas forcément une économie de service post-industrielle.

Ils ne reproduiront ainsi peut-être pas nos erreurs.

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