L’Algérie mise sur les Mi-28

Rostervol a débuté la production du Mi-28NE à doubles commandes. Crédit : Vertoliety Rossii.
Rostvertol lance la production en série du Mi-28NE à doubles commandes et mise sur l’export.

Rostvertol, filiale à 75 % d’Hélicoptères de Russie (Vertoliety Rossii), vient de démarrer la production en série d’une variante à doubles commandes du Mi-28NE, lui-même version export de l’hélicoptère de combat Mi-28N, avec l’Algérie comme premier client.

La presse russe avait déjà relayé la signature d’un contrat avec Alger en décembre 2013 pour 42 Mi-28NE; plusieurs citations et photographies avaient étayé l’hypothèse d’un équipement à doubles commandes pour l’entraînement dans le cadre de ce contrat. Mais l’annonce du lancement de la production pour l’Algérie, et donc de livraisons proches, intervient dans un contexte « propice », entre une Algérie préoccupée par l’activité croissante du groupe Etat islamique dans la région, et la promesse, suite à la visite à Alger du ministre russe des Affaires étrangères fin février, d’un renforcement des coopérations bilatérales militaires et commerciales.

Entraînement et combat

Les essais du prototype se sont achevés fin 2015. La duplication des commandes hydro-mécaniques du cockpit en tandem est destinée à l’entraînement, en permettant de contrôler l’appareil depuis la cabine du pilote comme depuis celle de l’opérateur d’armement où prendrait place l’instructeur – cette dernière ayant été élargie avec une verrière plus étendue. Mais l’appareil garde aussi toutes les capacités de combat propres au Mi-28NE, version export du Mi-28N « Night Hunter » (chasseur de nuit) qui est entré en service officiellement auprès des forces russes en 2013, mais est exploité en réalité depuis 2009.

Espoirs russes

Spécialisé dans la lutte anti-char et l’appui-feu des troupes au sol, le Mi-28N modernise radicalement un Mi-28A « mort-né » au début des années 1990 en lui adjoignant notamment une capacité nocturne et « tous temps », une nouvelle avionique intégrée et un radar de mât.

Selon le directeur général adjoint de Rostvertol, Vadim Barannikov, cité par l’agence Tass, la société attend aussi à une commande du ministère de la Défense russe pour la version d’entraînement Mi-28UB, très largement similaire à la version export à doubles commandes. Ce contrat pourrait concerner des dizaines d’appareils, mais est probablement freiné par la situation préoccupante des finances gouvernementales.

Prospects à l’export

Pour le moment c’est donc plutôt à l’étranger que Rostvertol doit prospecter d’éventuels clients. Des discussions sont menées avec une poignée de pays.

Outre l’Algérie, le Mi-28NE a déjà été vendu à l’Irak (a priori sans les doubles commandes) pour la lutte contre le groupe Etat islamique dans le cadre d’un contrat à rebondissements : signé en 2012 pour trente appareils, il a été annulé pour soupçons de corruption avant d’être réinstauré. Les Mi-28NE irakiens ont déjà été déployés notamment à Ramadi fin 2015.

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