Thales Alenia Space va prendre le pouls de la photosynthèse

Le satellite Flex auscultera la végétation pour suivre les cycles du carbone et de l'eau. Crédit : E. Briot - Thales Alenia Space.
Le programme Earth Explorer de l’ESA pour le développement de nouveaux concepts d’observation de la Terre se poursuit avec l’attribution du contrat de maîtrise d’œuvre de la huitième mission à Thales Alenia Space.

L’industriel franco-italien devra développer le satellite Flex conçu pour étudier la fluorescence de la végétation et ainsi déterminer le niveau d’activité photosynthétique au niveau global. Le lancement est prévu en 2023 sur Vega.

D’un montant d’environ 150 M€, le nouveau contrat annoncé le 10 janvier englobe un contrat antérieur de 74 M€ passé en novembre 2016 avec Leonardo, l’une des sociétés mères de TAS, pour développer l’instrument principal, baptisé Floris (FLuORescence Imaging Spectrometer).

Développé en partenariat avec OHB, le spectromètre imageur à haute résolution Floris décomposera la lumière captée aux longueurs d’ondes comprises entre 500 et 880 nanomètres (rouge et proche infrarouge). La résolution spectrale atteindra 0,1 nanomètre dans les bandes de l’oxygène (686–697 et 759–769 nm) et 2 nanomètres dans la bande d’absorption de la chlorophylle (600–677 nm) ainsi que dans la bande de référence de la réflectance photochimique (500-600 nm). Cela lui permettra notamment de détecter la légère émission de lumière rouge émanant de la chlorophylle lors du processus de photosynthèse.

Cette signature, qui n’a encore jamais pu être mesurée depuis l’espace, aidera à déterminer la santé de la végétation sur l’ensemble de la planète et donnera de nouveaux moyens d’évaluation de l’efficacité des puits de carbone naturels. Une meilleure connaissance des niveaux de photosynthèse permettra d’affiner la compréhension des cycles du carbone et de l’eau, et surtout de la manière dont ils interagissent.

Intégration au Royaume-Uni

Basé sur une plateforme conçue en partenariat avec Ruag en Suisse, le satellite Flex sera intégré et testé chez TAS UK, qui se chargera aussi du système propulsif. TAS Espagne sera en charge des systèmes de télécommunications.

Le satellite de 425 kg sera placé sur une orbite héliosynchrone à 815 km d’altitude. Il y évoluera en tandem avec un des satellites Sentinel 3 du programme Copernicus, ce qui permettra de croiser ses observations avec celles du radiomètre SLSTR (Sea & Land Surface Temperature Radiometer), également produit par Leonardo, et qui mesure la température du sol et de la surface des étendues maritimes.

Flex est la troisième mission Earth Explorer dont la maîtrise d’œuvre est confiée par l’ESA à TAS, après Goce pour l’étude du champ gravitationnel terrestre et SMOS pour celle de l’humidité des sols et de la salinité des océans. Tous les deux ont été lancés en 2009.

Airbus Defence & Space a été responsable de l’équipe industrielle pour Cryosat 2 (2010), Swarm (2013) et Aeolus (2018) et est encore en charge des deux prochains satellites de la série – EarthCare et Biomass – prévus pour 2021 et 2022.

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