Le budget des armées suscite la suspicion

La disponibilité de l'A400M est un problème non résolu. Ici le MSN007 lors de son premier vol. Crédit : A. Doumenjou - e'm company - Airbus.
La suppression des crédits de réserve pour les « Opex » est un nouveau poignard dans le dos, selon le député François Cornut-Gentille, qui estime même que la LPM est « morte ».

En France, l’annonce de la suppression de la réserve opérationnelle continue de faire des remous. Après l’apaisement prôné par Joël Barre, directeur général de l’armement, lors de la présentation de son premier bilan, et la tribune du ministre des Armées Florence Parly dans les colonnes du Figaro, le député des Républicains François Cornut-Gentille a voulu rétablir une vérité chiffrée. Le député de la Haute-Marne, réélu depuis 1993, s’est spécialisé dans les questions budgétaires des Armées et livre toujours des éléments précis sur les évolutions de crédits alloués aux militaires.

Le 11 octobre, il a ainsi fourni un rapport parlementaire dans le cadre de la commission des finances sur les aspects de défense inclus dans le projet de loi de finances pour l’année 2019. Dès les premières lignes, on apprend que l’incertitude sur les ressources concernant les Opérations extérieures (Opex) est inscrite dans le projet de loi de budget, puisque celle-ci prévoit « d’atténuer l’incertitude ». La réponse est donnée quelques semaines plus tard lors de l’adoption en conseil des ministres : la réserve de 404 M€ est suspendue.

Plus grave pour le parlementaire : la solidarité interministérielle qui prévalait jusque-là est également levée. Ce principe de solidarité faisait peser le coût des Opex sur tous les ministères, au prorata de leur budget. Il a été inscrit dans les deux LPM votées en 2013 et 2018, cette dernière s’appliquant à partir de 2019. Il considère que la décision politique de sécurité qu’assurent les soldats hors des frontières est au bénéfice de tous. Le député Cornut-Gentille a déposé un amendement le 12 novembre pour rétablir cette solidarité. Cet amendement a été retoqué par la majorité à l’Assemblée nationale.

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