Le doute américain

Stefan Barensky, rédacteur en chef d'Aerospatium.

À l’heure où nous diffusons ce numéro, le monde entier est dans l’attente du tweet par lequel le président américain annoncera avec la solennité qui le caractérise s’il décide ou non de retirer les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat. À long terme, cette décision importe peu. Le traité, signé par 194 autres pays n’a rien de contraignant et il sera toujours temps pour l’un des futurs du locataires de la Maison Blanche de le restaurer ou de le mettre en doute à nouveau. Entre-temps, à travers les États-Unis, nombre de villes et d’industriels plus sensibles à la question auront poursuivi leurs propres initiatives contre la pollution.

Plus préoccupant en revanche est le message transmis aux alliés sur la valeur du soutien américain. En refusant de rappeler son engagement à défendre ses partenaires de l’Otan après les avoir admonestés pour qu’ils versent davantage au pot commun, Donald Trump a fait malgré lui le jeu d’une future solidarité de Défense européenne. Pas sûr que l’industrie américaine lui en soit reconnaissante. S’il s’émancipe, ce marché captif de Boeing et Lockheed Martin pourrait avoir l’audace d’acheter européen !

Le budget qu’il a soumis au Congrès à de quoi agacer aussi les géants aéronautiques et spatiaux. Entre hausses plus faibles que prévu pour le Pentagone et absence de vision à la Nasa, il prépare un désenchantement certain chez ces alliés traditionnels des Républicains. En cassant les compétences en observation de l’environnement, il abandonne le dossier aux mains des Européens, principaux pourvoyeurs de données scientifiques pour la décennie à venir.

AUCUN COMMENTAIRE