L’Europe sans tête

Stefan Barensky, rédacteur en chef d'Aerospatium.

Née d’une volonté de paix, l’Union européenne a donné au continent un cadre de développement économique dont l’industrie a pleinement profité et des infrastructures qui lui ont permis de se développer, mais la voici mise à mal. Les velléités d’indépendance de la Catalogne, pourtant europhile, ne sont pas les seules à faire peser une menace sur l’équilibre de plus en plus fragile de l’Union.

La situation précaire de Theresa May, coincée entre une opinion publique partagée et une coalition menacée, a ralenti les discussions sur le Brexit. Elles sont aujourd’hui au point mort, a avoué Michel Barnier, laissant craindre une situation confuse où le Royaume-Uni, un pied dedans, un pied dehors, handicape tout le processus de décision. Alors qu’à Bruxelles on défend Madrid du bout des lèvres pour garantir l’intégrité de l’Espagne, voici que l’AfD entre au Bundestag.

L’Alternative für Deutschland, parti initialement anti-européen, s’est depuis reconverti dans la défense de l’identité allemande et a capitalisé 13 % des voix sur ce programme. De plus, Angela Merkel est bien incapable de constituer une coalition entre les libéraux protectionnistes et les Verts antinucléaires. L’instabilité de l’Allemagne n’augure rien de bon, alors que la Pologne s’enlise dans une crise politique, que l’Italie doit voter en février et redoute la poussée des indépendantistes lombards.

Lors de son intervention à la Sorbonne, Emmanuel Macron aurait aimé se présenter en rassembleur sur le thème de la Défense. Derrière la façade, ses choix budgétaires décrédibilisent le discours.

Qui ramènera la stabilité dans un espace commun parcouru de forces centrifuges et d’indécisions chroniques ?

AUCUN COMMENTAIRE