Preneur d’otages

Stefan Barensky, rédacteur en chef d'Aerospatium.

Missiles balistiques à longue portée, ogives miniaturisées, bombe thermonucléaire : progressivement l’arsenal de dissuasion de Pyongyang parvient à maturité. Pour Kim Jong-un, ces développements sont un impératif. Ils constituent la seule police d’assurance possible pour son régime et donc pour sa survie personnelle. Néanmoins, dans une posture où le premier qui dégaine a perdu, les options géopolitiques pour la suite des événements sont limitées.

La Corée du Nord peut-elle utiliser son parapluie nucléaire pour couvrir une invasion du sud ? L’hypothèse d’un statu quo est plus vraisemblable, avec un retour à des négociations multilatérales auxquelles les envoyés de Kim Jong-un pourraient se présenter en position de force pour demander une levée des sanctions. Vladimir Poutine, qui connaît bien la question, n’a pas manqué de rappeler combien elles ont été inefficaces jusque là. Les discussions à venir auront plutôt des allures de négociations avec des preneurs d’otages mais c’est le principe même de la diplomatie.

La menace de porter le feu nucléaire sur des sites stratégiquement choisis aux États-Unis, qui attirerait logiquement une riposte américaine elle aussi nucléaire, rappelle les heures sombres de la doctrine MAD (Mutual Assured Destruction) lorsque Moscou et Washington se regardaient dans le blanc des yeux. Est-il besoin de rappeler que cette époque fut aussi un âge d’or pour l’industrie de défense américaine ? Les nombreux programmes d’antimissiles ont de beaux jours devant eux.

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