Réaction et résilience

Stefan Barensky, rédacteur en chef d'Aerospatium.

Difficile de ne pas parler de Donald Trump aujourd’hui. Le nouveau président américain semble jouer pour la politique de défense européenne le même rôle d’aiguillon que le patron de SpaceX naguère pour sa politique spatiale. Mais il serait trompeur de réduire les politiques européennes à de simples réactions.

La volonté affichée à Bruxelles de prendre une plus grande autonomie vis à vis de son allié inconstant rappelle que l’Europe tend à apprendre de ses erreurs. L’échec du lanceur Europa a donné naissance à Ariane, vecteur d’une industrie spatiale florissante. Le succès technique et l’échec commercial du Concorde ont ouvert la voie à Airbus. En sera-t-il de même avec la politique européenne de défense enterrée en 1954 ?

Entre la fuite en avant de l’ultra-libéralisme américain et la surplanification soviétique, les Européens ont choisi leur propre approche, bâtie sur une vision à long terme, alliant cartésianisme français et pragmatisme anglo-saxon, souplesse latine et gestion germanique. Le programme spatial scientifique de l’ESA en est une parfaite illustration. Avec des moyens limités mais garantis, il a produit quelques uns des plus grands succès des trois dernières décennies, de Giotto à Rosetta, d’Huygens à Planck, tout en survivant à plusieurs crises majeures.

Le secret des succès européens ne s’est pas construit sur la seule réaction, mais sur la volonté de résilience et une incroyable capacité à rebondir.

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