Travail dissimulé

Stefan Barensky, rédacteur en chef d'Aerospatium.

À peine rentré de la Station spatiale internationale, Thomas Pesquet a été l’une des vedettes du salon du Bourget. Pourtant sa mise en scène permanente pose un vrai problème de communication. Que retiendra le grand public de sa mission au-delà des centaines de photographies magnifiques postées sur les réseaux sociaux ? Cela finit par ressembler à de coûteuses vacances sur orbite.

Or il n’en est rien. En six mois, Thomas Pesquet a contribué à une multitude d’expérimentations scientifiques que l’on a omis d’expliquer au grand public. Toutes n’auront pas nécessairement un effet immédiat dans nos vies quotidiennes, néanmoins elles contribueront à la vraie mission d’exploration de l’ISS, non pas de l’espace mais de l’inconnu. L’Expédition 50, dont l’astronaute français faisait partie, a même battu en mars le record de temps consacré aux expérimentations scientifiques en une semaine : 86 heures, hors activités de maintenance.

Les agences spatiales veulent utiliser les astronautes pour l’inspiration des masses, mais cela nécessite aussi une compréhension par le plus grand nombre des enjeux de leurs missions. L’Europe ne dépense pas l’équivalent de plusieurs transferts de joueurs de football pour qu’on nous explique encore une fois comment on fait pipi dans l’espace, elle investit pour le progrès de la connaissance.

Ce sont ces progrès qui doivent nous inspirer. L’espace n’est plus un lieu de séjour exotique, c’est un site de recherche, c’est ce que l’on y fait qui compte.

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