Twitter n’est pas jouer

Stefan Barensky, rédacteur en chef d'Aerospatium.

Qu’il est loin le temps où il fallait à Cicéron les trois discours des Catillinaires pour sauver Rome d’une conjuration, où le J’accuse de Zola barrant la une de l’Aurore bouleversait la société française ! Aujourd’hui, les 280 caractères d’un simple tweet suffisent à faire et surtout défaire des empires. Ceux de Donald Trump peuvent annoncer de nouveaux soubresauts de la politique étrangère, économique ou militaire des États-Unis et doivent être archivés pour la postérité. Ceux d’Elon Musk peuvent faire bondir et rebondir le titre Tesla en bourse, au grand dam des investisseurs.

Si l’hôte de la Maison Blanche est relativement à l’abri des conséquences de sa logorrhée sur le réseau social, ce n’est pas le cas de l’industriel. La SEC, gendarme de la bourse américaine, ne plaisante pas avec les accusations de manipulation des cours. À terme, Elon Musk pourrait risquer l’interdiction de gérer une société, voire la prison. Pour ne rien arranger, Tesla serait à deux doigts de la faillite.

Quelles seraient alors les conséquences pour SpaceX ? La perte de crédibilité de son icône de patron et le doute sur ses pratiques de gestion dans l’opacité comptable d’une société non cotée pourraient durablement mettre à mal sa capacité à lever du capital pour ses projets de développement, du BFR à Starlink, sans compter la conquête de Mars. Un tel coup de frein ne manquerait pas d’affecter aussi tous ceux qui, dans le monde, investissent dans le secteur pour suivre le rythme imposé par Elon Musk.

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