Décarboner les Émirats

La 28e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP28) s’est ouverte le 30 novembre et se déroulera jusqu’au 12 décembre, à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Peu importe la teneur des débats qui s’y tiennent, les réseaux sociaux s’en donnent à cœur joie pour fustiger le choix d’une « pétromonarchie » pour traiter de l’urgence d’une sortie de l’économie des hydrocarbures fossiles. C’est hélas une illustration classique de la volonté du camp des « vertueux » à rester dans son entre-soi.

Une transition énergétique globale ne peut fonctionner que si tous y prennent part. Ceux pour qui la transition représente le plus gros effort doivent y prendre part activement. Si toutes les COP se déroulaient qu’en Suède, sous le patronage de Greta Thunberg, il est douteux qu’elles aient beaucoup d’effets, en Chine, en Inde ou en Afrique. Comme disent nos amis américains, en se remémorant le dégel des relations entre Pékin et Washington en 1972, « seul Nixon pouvait aller en Chine ».

L’expérience des Émirats dans la transition économique ne doit pas être négligée non plus. Sur les sept émirats qui composent la fédération, Dubaï est celui qui a le moins de pétrole. Très vite, la dynastie des Al Maktoum a cherché à diversifier ses ressources d’abord dans la banque, puis dans le commerce – avec son port de conteneurs – et enfin dans le tourisme – avec la compagnie Emirates.

Depuis, Abou Dhabi a suivi l’exemple. Aujourd’hui, les hydrocarbures ne représentent plus que 17 % du PIB des Émirats. Pragmatiques, les Émiriens savent que la pérennité de leur richesse passe par la transition énergétique, pour que le commerce et le tourisme puissent continuer à progresser. Stratégiquement, ils veulent être en pointe de cette transition dans le monde arabe. Financer la neutralité carbone va coûter cher. L’argent des Émirats ne sera pas de trop.

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