Le Bourget 2035

« En ce mois de juin caniculaire, le 61e salon du Bourget ouvre ses portes. L’ex-plus grand salon du monde a perdu de sa superbe depuis l’effondrement du marché du transport aérien et la consolidation brutale des compagnies aériennes en Europe. Le marché du long courrier n’a jamais retrouvé son niveau d’avant 2020. Le court et le moyen-courrier ont presque disparu, assommés par les écotaxes imposées par la France, tandis que le flygskam sonnait le glas des low cost européennes.

Faute de débouchés, les grands avionneurs occidentaux ont dû abandonner l’ambition de la décarbonation. Leurs homologues chinois ont fait main basse sur le marché des monocouloirs hors du bastion américain, mais ils préfèrent exposer à Zhuhaï.

Côté militaire, les délégations se pressent pour assister à la première présentation transatlantique du nouvel avion de combat de l’US Navy. L’offensive de charme américaine a fait mouche auprès des clients européens du F-35 et du F/A‑18 auquel il succède. Comme le NGF franco-allemand, dont le démonstrateur est présenté sur le statique, l’appareil américain est au cœur d’un système de systèmes. Son développement a été bien plus rapide, grâce à un budget non contraint, renforcé par le soutien du FEDef européen auquel des pays de l’Union lui ont donné accès après avoir passé commande au nom de la cohérence dans l’Otan.

Contrairement à Londres, Paris et Berlin n’ont pas jeté l’éponge et ont une nouvelle fois promis la poursuite du Scaf, mais toujours sans voter les crédits nécessaires. Washington a déjà fait savoir que le NGF ne serait pas certifié pour emporter les armes nucléaires de l’Alliance Atlantique.

Un tel scénario, improbable en 2020, n’avait malheureusement pas été envisagé par les gouvernements européens. »

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