Le Triomphant tire son premier M51

Un missile M51 en essais. Crédit : DGA.
Le succès d’un tir d’essai du M51 a permis la qualification d’un troisième sous-marin nucléaire de la force océanique stratégique (Fost) à la nouvelle génération de missile balistique.

Après Le Terrible (S619) et Le Vigilant (S618), c’est au tour du sous-marin nucléaire lanceur d’engins de nouvelle génération (SNLE-NG) Le Triomphant (S616) d’effectuer son premier tir avec le missile balistique nucléaire M51.

Le tir, le huitième du missile depuis le 10 novembre 2006, a eu lieu le 1er juillet 2016 à 07 h 18 TU en baie d’Audierne, au large du Finistère. Le M51 a placé une charge nucléaire factice sur une trajectoire qui l’a conduit à traverser l’Atlantique pour atteindre une zone d’impact prédéfinie dans la zone économique exclusive française de Saint-Pierre-et-Miquelon, « à plusieurs centaines de kilomètres de toute côte » et « dans le strict respect des engagements internationaux de la France », assure le ministère français de la Défense.

La portée estimée de cet essai serait de l’ordre de 3 900 km.

Il s’agissait du deuxième tir du M51 – le premier depuis un sous-marin – après l’échec du 5 mai 2013.

Le missile a été suivi tout au long de sa phase de vol par les moyens du centre d’essais de la Direction générale de l’armement (DGA), dont le bâtiment d’essais et de mesures Monge.

Opérationnel sur Le Triomphant

Ce tir a permis de valider la capacité opérationnelle du système d’armes M51 à bord du sous-marin Le Triomphant.

Celui-ci avait entamé sa transition du missile M45 au M51 en mai 2013, passant vingt mois en bassin à la base navale de Brest, pour sa remise à niveau à mi-vie d’août 2013 à avril 2015. Il avait alors rejoint la base opérationnelle de l’Île Longue afin d’y recevoir un nouveau cœur pour son réacteur nucléaire ainsi qu’une dotation de seize missiles M51.

Le quatrième sous-marin de la Fost, Le Téméraire (S617) doit entamer sa propre transition vers le M51 cette année.

D’une portée estimée de 8 000 km, le M51 est produit par Airbus Safran Launchers sur ses sites des Mureaux, du Haillan et de Saint-Médard-en-Jalles. Il représente un revenu d’environ 1,2 Md€ par an pour l’industriel.

La dotation pour quatre SNLE-NG équipés d’ici 2020 sera de 64 missiles opérationnels – estimés à 120 M€ pièce – auxquels il faudra ajouter les exemplaires de réserve et ceux destinés aux essais de maintien en condition opérationnelle.

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