Au-delà du conflit devant l’ OMC, les Américains tirent les ficelles du commerce international

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L'A350 est l'un des programmes visés par la plainte de Boeing. Crédit : Airbus
Analyse – Les mesures anti-corruption américaines handicapent d’abord leurs alliés et concurrents européens, au mépris d’une quelconque réciprocité et en dehors des règles de l’ OMC.

L’OMC a rendu ses conclusions définitives dans le conflit qui oppose depuis 2004 Boeing et Airbus. Cette querelle, déjà objet de maintes décisions de l’Organisation mondiale du commerce, porte sur la légalité des aides et subventions que le programme A350 a reçu de la part des pays dans lesquels Airbus développe et produit l’avion. L’Union européenne considère que la plupart des points de désaccords ont été réglés en 2011, alors qu’Airbus affirme que la décision du 15 mai prouve que 94 % des réclamations de Boeing ont été rejetées. Restent 6 %, qui donnent un avantage certain à Boeing : l’OMC considère en effet que les intérêts de l’entreprise américaine en Europe n’ont pas été protégés et que la concurrence a été biaisée.

Cette décision intervient alors que les conclusions sur la plainte de Airbus contre Boeing – sur le programme Dreamliner 787, pour des éléments similaires – doivent encore être rendues.

L’OMC ouvre la voie à des mesures de rétorsion de la part des États-Unis, qui ont désormais le champ libre pour imposer des droits de douane sur les importations d’Airbus sur son territoire. Si les précédentes décisions n’ont pour l’instant jamais atteint ce stade, ce pourrait être différent cette fois, dans un contexte de tension et de protectionnisme exacerbé par l’administration du président Donald Trump. Boeing estime que le surcoût et les pénalités pourraient atteindre « plusieurs milliards de dollars ».

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Le premier appareil sorti de la chaîne d’assemblage d’Airbus à Mobile (Alabama), un A321 aux couleurs de JetBlue, a fait son vol inaugural le 21 mars. Crédit : Airbus.

La présence importante d’Airbus aux États-Unis rend pourtant cette perspective peu réaliste. L’entreprise possède une usine d’assemblage à Mobile dans l’Alabama, et prévoit d’installer une deuxième ligne pour le CSeries de Bombardier, sans compter l’importance des sous-traitants dans le pays. Un conflit dur coûterait probablement plus aux Américains en matière d’emplois que les droits de douane ne leur rapporteraient.

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