Effet multiplicateur

Réunies pendant deux jours à Séville, les délégations des 22 pays membres de l’ESA, menées par leur ministre respectifs, n’ont pas pu profiter du soleil andalou. D’une part car le temps est resté couvert tout au long de la semaine, d’autre part car elles n’ont pas chômé. Et le résultat en valait la peine, puisque l’objectif de lever 14,26 Md€ sur cinq ans – dont 12,5 Md€ sur trois ans – a été atteint.

Au total, les propositions présentées par l’équipe du directeur-général Jan Wörner ont récolté 14,39 Md€ de souscriptions, dont 12,45 Md€ pour les trois prochaines années. Ce résultat était loin d’être acquis, surtout avec les contraintes budgétaires imposées à la délégation française, un des principaux contributeurs, par son ministère de l’Économie et des finances.

Heureusement, les autres États européens n’ont pas été aussi frileux. L’Italie a apporté une contribution record de 2,28 Md€, proche de celle de Paris, tandis que les Britanniques ont joué de tous les ressorts possibles pour s’engager, à peine deux semaines avant des élections générales. Même les Belges, dépourvus de gouvernement, ont fait jouer l’émulation entre les communautés linguistiques pour accroître leur contribution de près d’un tiers et parvenir à s’imposer sur les projets.

D’où vient cet engouement ? Plusieurs délégations, notamment des plus petits pays, ont expliqué leur intérêt dans leurs propos liminaires, le 27 novembre : « Tout euro investi dans le secteur spatial, en rapporte plusieurs dans l’économie ». Pour la première fois, cet effet multiplicateur a été parfaitement intégré par les politiques, qui en ont tiré les conclusions évidentes, sauf, apparemment, à Bercy.

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