Mars : trois sondes internationales à pied d’œuvre

Perseverance Mars
Dépose de l'astromobile Perseverance à la surface de Mars par la SkyCrane. Crédit : Nasa.
L’astromobile Perseverance de la Nasa ainsi que les sondes émirienne Al-Amal et chinoise Tianwen 1, ont réussi leur arrivée sur et autour de Mars. Ces programmes nationaux contribuent à un vaste effort de coopération scientifique internationale vers la Planète rouge, tout en laissant la place à une rivalité technologique et stratégique assumée.

L‘atterrissage spectaculaire de l’astromobile américain Perseverance dans le cratère Jezero sur Mars le 18 février à 20 h 43 TU (signal reçu sur Terre 11 minutes plus tard) est venu conclure la deuxième phase des expéditions martiennes de la fenêtre de 2020, sept mois après leur départ groupé fin juillet dernier. La sonde de la Nasa, qui pesait 3 839 kg au départ, est parvenue à déposer en douceur le robot de 1 025 kg grâce à un module SkyCrane (« grue volante ») qui s’est stabilisé à 20 m du sol sous la puissance de huit moteurs à ergols liquides Aerojet MR-80B à poussée variable (400 N à 3 kN). Perseverance a ensuite été descendu sous élingue jusqu’à la surface. Une fois sa mission accomplie, le SkyCrane a effectué une manœuvre d’éloignement pour s’écraser à distance de sécurité.

Perseverance Sondes
La descente sous parachute de Perseverance et de sa SkyCrane vue par la caméra HiRise de MRO. Crédit : Nasa.

Perseverance a été précédé dans le domaine martien par deux orbiteurs qui se sont satellisés autour de la planète rouge. Le 9 février à 17 h 37 TU, la sonde Al-Amal (1 350 kg à son départ de la Terre) des Émirats arabes unis a mis à feu ses six moteurs de manœuvre de 120 N de poussée pendant 27 minutes, ce qui lui a permis de se placer sur une orbite elliptique (1 000 x 49 380 km), inclinée à 19,6° par rapport à l’équateur martien. Ultérieurement, elle doit rejoindre une orbite entre 22 000 et 43 000 km d’altitude, inclinée à 25°. Parcourue en 55 heures, cette orbite la placera au-delà des deux lunes de Mars, d’où elle étudiera l’atmosphère de la planète et surtout ses variations.

Le 10 février à 12 h 08 TU, la sonde chinoise Tianwen 1 (3 175 kg à son départ de la Terre) a allumé son moteur de 3 kN pendant 15 minutes et a ainsi pu se placer sur une orbite encore plus elliptique (445 x 180 011 km), inclinée à 10,4°. Cinq jours plus tard, en passant à l’apoastre, elle a manœuvré pour basculer cette inclinaison à 87,3°, afin de survoler l’essentiel de la planète. Par la suite, elle réduira son apoastre à 60 000 km, puis 12 000 km, pour mener à bien ses observations.

Les Émirats arabes unis et la Chine rejoignent ainsi le rang des puissances spatiales ayant réussi une satellisation autour de Mars, après les États-Unis puis la Russie (1971), l’Europe (2003) et l’Inde (2014). Le Japon a échoué dans son unique tentative en 1998.

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