Course au crédit

Barensky Aerospatium Edito
Stefan Barensky, rédacteur en chef d'Aerospatium.

En avril, Jeff Bezos, patron d’Amazon, présente son projet de mégaconstellation Kuiper pour la connectivité à haut débit. « Copieur ! », s’indigne Elon Musk sur Twitter. « Vraiment ? », lui rétorque aussi sec Greg Wyler, fondateur de OneWeb. Cet échange digne d’une cour d’école n’est pas si innocent. Les trois hommes s’affrontent pour gagner la confiance des investisseurs.

Elon Musk est celui qui a le plus à perdre aussi est-il le plus offensif. À la fin de la conférence Satellite 2019 il a tourné en ridicule l’atterrisseur Blue Moon de 15 t que Jeff Bezos propose pour le retour des humains sur la Lune alors que lui-même précipite les démonstrations au sol de son Starship interplanétaire de plus de 85 t. Le 17 mai il doit lancer 60 prototypes de satellites Starlink et prévoit une campagne de communication à l’encontre de OneWeb, qui n’en a encore lancé que six.

La trésorerie de Jeff Bezos pour financer Kuiper et les 3,4 Md$ levés par Greg Wyler pour OneWeb pourraient dissuader les investisseurs de miser sur le projet Starlink de SpaceX. Certains imaginent que c’est même là la raison d’être du projet Kuiper.

Aidé par les éléments de langage diffusés à l’envi par ses soutiens dans les médias et les réseaux sociaux, Elon Musk doit continuer à apparaître comme le meilleur recours et le plus ambitieux, s’il veut attirer des crédits.

Le retour sur la Lune s’inscrit dans cette stratégie et permettrait de capter de nouveaux subsides de la Nasa dont les contrats de développements sur Crew Dragon arrivent à terme. La stratégie actuelle de l’agence étant incompatible avec ses propres plans, Elon Musk va devoir jouer sur deux fronts : avec la Nasa pour rester dans la course et seul pour proposer une alternative grâce au Starship.

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