Que n’a-ton entendu comme âneries en cette fin d’été dans la bouche des analystes, des politiques et des journalistes qui répétaient leurs propos ! Tiens-toi bien Elon Musk, Isar Aerospace serait le nouveau SpaceX, à moins que ce ne soit MaiaSpace ! Arianespace est ridiculisée par SpaceX ! Grâce à Iris2, l’Europe va concurrencer SpaceX ! SpaceX par-ci, SpaceX par là, tout semble devoir être mesuré à l’aune de la société d’Elon Musk.
Qu’on se le dise, les réalisations de SpaceX, qu’on les admire ou qu’on les déplore, ne constituent pas une métrique valable sur laquelle bâtir un programme spatial sensé, en Europe ou ailleurs.
On ne peut pas juger le succès d’une puissance spatiale à son nombre de lancements. La bonne question qu’il faut garder en tête est de savoir si son programme spatial répond aux besoins et s’il est soutenable. Les objectifs d’Elon Musk sont connus, il ne s’en cache même pas : devenir le Thomas Edison du XXIe siècle et le Christophe Colomb du système solaire. Que le premier ait été un entrepreneur malhonnête qui a pillé les idées des autres et tout fait pour les étouffer ne l’émeut pas. Que le second ait été à l’origine de plusieurs génocides, pas plus.
Voulons nous lui ressembler et le suivre dans ses incessantes surenchères ? J’espère que non, même si l’on peut être admiratif devant certaines réalisations techniques, on ne peut faire abstraction de l’idéologie qui les soutient.
L’erreur des Européens a été de croire hier que les multimilliardaires qui ont pris les commandes du spatial obéissaient à une logique financière ou technique, donc prévisible. Ils sont menés par des fantasmes, par essence sans limite logique. Ils ont ainsi pu réécrire l’économie du spatial à leur avantage, peu importe le coût réel pour le reste du monde.
Pour l’Europe comme pour le reste du monde, l’objectif impératif aujourd’hui n’est pas de les suivre dans leur gabegie, mais de continuer à exister et à défendre nos valeurs, malgré tout.









