Le 1er juin, le président français Emmanuel Macron a annoncé que les astronautes Thomas Pesquet et Arnaud Prost voleront en 2027 sur des missions spatiales commerciales dans le cadre d’un accord avec la société privée Vast. En mars, le directeur général de l’ESA, Joseph Aschbacher, avait annoncé le concept de missions Epic (ESA Provided Institutional Crew) pour faire voler ses astronautes hors du cadre limité des rotations d’équipage de la Station spatiale internationale.
Pour mémoire, ces vols réguliers sur l’ISS, comme celui, en cours, de Sophie Adenot, sont payés « en nature » à la Nasa. C’est-à-dire que les budgets européens servent à payer des industriels en Europe qui y maintiennent ou développent leurs compétences technologiques pour exporter aux États-Unis.
Pour les missions commerciales, en revanche, de l’argent des contribuables va servir à payer des capsules Crew Dragon à SpaceX, une entreprise dont les intérêts ne vont pas particulièrement dans le sens des Européens et de leurs valeurs.
Le tollé que cela cause chez les opposants du vol habité demande que l’on pose ouvertement la question de ce que rapportent réellement ces missions. Se limiter à une opposition fantasme/utilitarisme serait réducteur. Faut interdire l’alpinisme ou les sports d’hiver parce qu’ils ne servent à rien ?
Les vols habités existent. Ils ont une influence sur le monde. La science ne les justifie pas mais peut en profiter. L’expérience acquise par les astronautes devait fertiliser l’industrie. Hélas, il n’en a rien été. L’accès au vol habité est un instrument de « soft power » de grande visibilité et le succès de ces initiatives commerciales le prouve : un marché existe. La question que nous devrions nous poser, en Europe, est de savoir si nous voulons être du côté des vendeurs – et en récolter des bénéfices – ou rester simples acheteurs.












