Remplacement des F-16 belges : le suspens continue

Un F-16 en cours d'inspection dans l'usine de Sabca à Charleroi. Crédit : Sabca.
Alors que la presse bruissait depuis plusieurs jours de l’annonce imminente d’un achat par la Belgique des F-35A américains, le Premier ministre du pays a mis fin aux rumeurs tout en alimentant le suspens.

Répondant à une question des députés à la chambre mardi 23 octobre, il a démenti qu’une décision avait déjà été prise. L’offre des Américains a été prolongée « jusqu’au 29 octobre », a-t-il précisé.

L’offre américaine au départ prenait fin le 14 octobre, c’est à dire juste au moment où avaient lieu les élections communales (municipales) belges. Elle a été prolongée de deux semaines pour le moment, certainement en raison des résultats de ces élections. Le principal promoteur de l’offre américaine, Steven Vandeput, ministre de la Défense, va en effet devenir maire de la commune de Hasselt en région flamande et quittera le gouvernement en janvier prochain. Son parti, le N-VA, défend l’autonomie des Flamands.

Or la plupart des équipementiers et sous-traitants aéronautiques, dont certains sont très proches de Dassault et de l’industrie française, comme la Sabca dont Dassault est l’actionnaire majoritaire, se trouvent en Wallonie. L’achat de l’avion répond donc aussi à des critères de politique interne belge. Ce sont d’ailleurs des députés wallons francophones qui ont posé la question en séance parlementaire à Charles Michel.

Une sous-traitance touchée

L’achat du F-35A poserait un certain nombre de problèmes en termes de maintenance et de sous-traitance : en raison de son caractère furtif et de l’importance de l’intelligence électronique à bord, la plupart des opérations doivent être effectuées par des entreprises américaines, laissant peu de place à l’industrie locale.

Le F-35A a déjà été livré à l’armée de l’air néerlandaise, qui soutient fortement l’achat du même appareil en Belgique pour simplifier les opérations communes. Crédit : S. King – US Air Force.

Outre le F-35A de Lockheed Martin, le Typhoon britannique est également candidat au remplacement des F-16. La France a quant à elle proposé un accord plus large de « partenariat approfondi et structurant », qui comprend la vente du Rafale mais également un soutien industriel et opérationnel à l’armée de l’air belge. Cette solution a la préférence des politiques wallons, même si l’appel d’offre initial a été taillé pour le F-35A américain.

Le problème supplémentaire qui se pose aux Belges est la participation possible du pays au programme FCAS, qui implique de développer le standard F4 du Rafale. Dans le cas d’un achat américain, il serait de fait exclu que la Belgique puisse monter à bord. Mais l’impossibilité pour le pays, au cœur de l’Union Européenne, de participer à ce programme européen structurant à l’heure de la promotion d’une Europe de la Défense serait considéré aussi comme une trahison.

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