En élisant massivement des Démocrates, même parfois là où on ne les attendait pas, les électeurs américains ont envoyé un message clair à Donald Trump. Ils en ont assez de sa politique et de sa façon de la mener. Le principal intéressé fait de son mieux pour dévier le coup sur le parti Républicain, mais il n’en demeure pas moins qu’à partir de janvier, sa capacité de mouvement sera plus restreinte. S’il ne sera pas forcément visé par une procédure de destitution, on ne peut pas en dire autant des membres de son cabinet, à commencer par Pete Hegseth au Pentagone.
La nouvelle est mauvaise pour le Kremlin, mais son « ami » américain va garder une capacité de nuisance en restant chef des armées, avec un droit de veto. Le Congrès pourra rétablir les aides à l’Ukraine, mais la Maison Blanche pourra user de manœuvres dilatoires pour retenir les fonds jusqu’à leur expiration. L’année 2027 devrait être celle des bras de fer.
Que va-t-il advenir de la nébuleuse oligarchique qui gravite autour du président ? Sera-t-elle poursuivie pour corruption ? Devra-t-elle mettre le frein sur ses ambitions dans l’IA ? Combien des géants de la tech se rappelleront-ils qu’ils étaient autrefois du côté des Démocrates et tourneront-ils de nouveau leur veste ?
Mais que l’on ne s’y trompe pas, si les Américains ont exprimé leur mécontentement envers Donald Trump, c’est avant tout en raison du coût de la vie, et surtout celui de l’essence à la pompe. Ils veulent la fin de la guerre avec l’Iran et la réouverture du détroit d’Ormuz. Rien à voir avec un retour au « gendarme global » et à « l’Otan d’avant ». Le vice-président J. D. Vance joue déjà en solo sa petite musique isolationniste. Il rappelle opportunément son opposition à une attaque sur l’Iran. Les plus Atlantistes en Europe doivent s’en souvenir aussi avant de détricoter les récents efforts de souveraineté pour rééquilibrer leurs budgets.
Les électeurs européens feraient bien aussi de réaliser que le populisme téléguidé par Moscou n’améliorera pas leur quotidien.










