Communication sans échange

Stefan Barensky, rédacteur en chef d'Aerospatium.

Airbus innove, dans tous les domaines. Alors que de nombreux patrons se livrent à des téléconférences de presse, qui permettent aux journalistes de participer à des événements auxquels ils ne peuvent assister et de questionner en direct leurs interlocuteurs, pour présenter ses résultats annuels en 2017, le constructeur européen a inventé la conférence de presse, sans presse et sans conférence.

Les trois dirigeants du groupe, Tom Enders, Fabrice Brégier et Harald Wilhelm, étaient réunis autour d’une table dans un lieu indéterminé et répondaient à une série de questions posées par un communicant, le tout retransmis sur Internet. Les journalistes qui souhaitaient poser des questions étaient priés de s’enregistrer à l’avance pour pouvoir les poser.

Deux constatations s’imposent. La première est que nous vivons des temps où les politiques dénoncent la curiosité de ceux qui ne se contentent pas du discours officiel et mettent au jour les dossiers gênants. Adopter la même attitude que ceux qui ont quelque chose à cacher ne présage rien de bon alors que l’inquiétude est grande sur la santé réelle du groupe.

La seconde est que si le contact humain est amené à disparaître, comme semblent le penser Airbus, si toutes les réunions du monde ont lieu à travers des écrans, il n’est pas sûr que les gens continueront à utiliser l’avion.
Et cela ne sera pas bon pour les affaires du groupe.

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