À l’heure où nous bouclons le numéro 237 d’Aerospatium, les astronautes de la mission Artemis 2 sont sur le chemin du retour après leur survol de la face cachée de la Lune. La rassurante prévisibilité de la mécanique céleste, mise en équations par Isaac Newton il y a 340 ans, les déposera dans le Pacifique dans la nuit du 10 au 11.
Sur Terre, l’imprévisible président américain a fait exactement ce que tout le monde prévoyait : il a repoussé de deux semaines son ultimatum sur la destruction de la civilisation iranienne. Ce n’est jamais que la sixième fois qu’il reporte ses menaces en trois semaines. S’il fait frémir d’aise les millénaristes comme Pete Hegseth, cet appel à l’Armageddon pourrait être l’ordre de trop pour nombre de militaires amenés à l’exécuter, malgré les récentes purges au sein de l’état-major du Pentagone. À six mois des élections de mi-mandat et d’un prévisible basculement de majorités au Capitole, quel officier responsable prendra le risque d’être accusé de crime de guerre pour avoir obéi à des ordres ineptes ?
Faire ce que l’on dit et dire ce que l’on fait. Cela reste la base d’une relation saine. Parfois, cela nécessite quelques explications pour que tous comprennent les tenants et les aboutissants de chacun. Lors de son voyage au Japon et en Corée du Sud, Emmanuel Macron a vanté ce temps long des Européens. Il en a fait un gage de prévisibilité et de fiabilité, base de toute relation de confiance. Cela reste un processus difficile. La remise en cause permanente des engagements sur les responsabilités au sein du Scaf en est l’illustration, au sein même de l’Europe.
Cet engagement à long terme manque à certains, qui confondent vision et fantasme. Que se passera-t-il après le retour d’Artemis 2 ? La Nasa prévoit de tester la capsule Orion en février 2027 avec des modules lunaires qui ne seront pas prêts. Celui de SpaceX sera basé sur le Starship v3, dont Elon Musk annonce le premier vol dans « quatre à six semaines »… régulièrement depuis quatre mois.












