Le Le traité New Start, qui limitait les arsenaux nucléaires stratégiques russes et américains, a expiré le 5 février sans qu’aucun accord n’ait été négocié pour lui succéder. Dans un contexte où le Kremlin agite régulièrement la menace nucléaire face aux soutiens de l’Ukraine et où la Maison Blanche ne réfléchit plus qu’en rapports de forces, la perte de ce dernier garde-fou, signé en un autre temps par Barack Obama et Dmitri Medvedev, a de quoi inquiéter.
Pourtant, derrière toutes les gesticulations à l’avant de la scène, les chancelleries semblent avoir négocié un maintien « informel » des bornes prévues par le traité. Après tout, chacun dispose de quoi rayer l’autre de la carte plusieurs fois. C’est largement suffisant pour un équilibre de la terreur de bon aloi.
Surtout, il sera difficile de renégocier un tel traité à deux, dans un monde multipolaire qui compte aujourd’hui neuf puissances nucléaires. Face aux 8 000 têtes dont disposeraient Moscou et Washington, les sept autres en alignent environ 1 600 dont il faudra bien tenir compte. Tous ces acteurs ayant largement de quoi se détruire les unes les autres, le monde est dans une « impasse mexicaine » chère aux westerns spaghetti : tout le monde menace tout le monde et si quelqu’un éternue, tout le monde est mort. C’est une autre forme d’équilibre.
La principale menace pour cette fragile stabilité reste la prolifération, surtout depuis que Donald Trump l’a légitimée en allant serrer la main de Kim Jong-un en 2018. Les mollahs iraniens ont retenu la leçon de Saddam Hussein et Mouammar Khadafi : abandonner la bombe équivaut à signer son arrêt de mort. La bonne nouvelle c’est que les Gardiens de la révolution d’aujourd’hui ne sont plus des « fous de Dieu », mais d’ordinaires mafieux : ils visent avant tout leur survie.









