En première ligne

Stefan Barensky, rédacteur en chef d'Aerospatium.

Les activités Sales & Marketing d’Airbus sont désormais entre les mains de Tom Enders. Comme le souligne notre confrère Bruno Lancesseur dans sa lettre d’information Aero Defense News, la principale raison de cette restructuration majeure du groupe n’est pas à chercher dans une rivalité avec Fabrice Brégier ou dans un bras de fer entre Hambourg et Toulouse, mais dans une volonté de « Major Tom » de remettre Airbus sur une ligne d’irréprochabilité éthique.

Dans notre époque de surmédiatisation des dossiers juridico-politiques, où un soupçon peut causer autant de dégâts qu’une condamnation effective, les démêlés de l’avionneur européen avec les autorités anti-corruption britanniques ou avec la justice autrichienne causent un tort important à l’image de la marque.

En prenant la barre Tom Enders souhaiterait engager sa responsabilité et mettre à un terme à des habitudes commerciales d’un autre temps, mais qui sont encore largement répandues, quitte à perdre des marchés – car il ne faut pas oublier que la demande de corruption émane bien souvent de celui qui souhaite être corrompu.

Comme le relève avec raison notre confrère, l’industrie ne pourra s’affranchir de ses vieux démons que si elle va au-delà d’une politique de conformité légale (en anglais « compliance »), car la loi est assujettie aux pouvoirs en place, qui peuvent être plus ou moins légitimes ou durables. L’éthique, qui est au-dessus des lois, devrait être l’objectif.

AUCUN COMMENTAIRE