Les vacances d’été sont une bonne occasion de tenter une coupure avec ses préoccupations professionnelles quotidiennes. Hélas, comme le veut l’adage « on est journaliste à toute heure du jour ou de la nuit »… mais aussi tous les jours de l’année. Comment se sentir détaché du secteur aéronautique et spatial quand les journées qui devraient être consacrées au repos s’écoulent au rythme du ballet des bombardiers d’eau, des lancements de satellites, des tirs de drones ?
On est pris à parti par les critiques d’un secteur aérien qui semble être le seul responsable des émissions de gaz à effet de serre. On ne peut non plus se désintéresser de négociations commerciales voire stratégiques menées par un dirigeant dont le principal objectif est de faire oublier ses frasques avec un pédophile notoire au décès douteux.
Et toujours, cette même impatience. « Pourquoi ne trouve-t-on pas une solution, simple et définitive à ces problèmes ? » Un grand public habitué à commander le moindre de ses désirs en ligne – musique, jeux séries, repas préparés, vêtements, voyages, ou tout autre bien de consommation – n’est pas prêt à admettre que la chaîne de fabrication des « Canadair » ait été interrompue et qu’elle ne peut pas produire des avions instantanément quand on la relance. La montée en cadence d’Ariane 6 va prendre du temps et le nombre de lancements n’est pas nécessairement la meilleure métrique pour un programme spatial.
La décarbonation de l’aérien va encore prendre des années mais elle en route. On peut douter qu’il en soit de même pour la ré-européanisation des industries de défense, mais ce n’est pas une raison pour abandonner. Le temps presse, mais il faut continuer à s’engager et à investir sur le temps long.
L’impatience ne nous aidera pas à sortir de la situation dans laquelle le court-termisme des politiques nous a menés.










