Amis ou ennemis ?

Stefan Barensky, rédacteur en chef d'Aerospatium.

Depuis la seconde guerre mondiale, les systèmes d’identification ami-ennemi (IFF : Identification Friend or Foe) ont été développés pour éviter les « tirs amis » en discriminant alliés et hostiles en combat. Un tel système serait bien utile aujourd’hui en politique, comme l’a illustré la récente visite du président américain en Europe.

Lorsque Donald Trump reproche à ses alliés de l’Otan des budgets de défense sans rapport avec celui englouti par le Pentagone pour le maintien d’une domination militaire américaine en surface, sous les mers, dans les airs et bientôt dans l’espace, est-il notre ami ? Trois jours plus tard, lui même ne se sent pas très engagé quand il classe l’Union européenne dans le camp des ennemis au côté de la Russie et la Chine, mais pas de l’Iran ou de la Corée du Nord.

Est-il l’ami de Theresa May lorsqu’il torpille la perspective d’un Brexit négocié ? Plus largement, qui sont les amis du Premier ministre britannique lorsque les partisans d’un Brexit dur démissionnent comme David Davis et Boris Johnson, suivis par Guto Bebb, l’équivalent britannique du DGA, qui appréhende un Brexit non négocié ?

Cela marche aussi avec l’industrie. De qui la Grande-Bretagne est elle l’amie lorsqu’elle s’exclut du Scaf et tente de faire cavalier seul face aux Français et aux Allemands ? Et que penser des grands avionneurs qui rivalisent avec leurs équipementiers et leurs clients pour le marché des services ?

Dans un conflit, au-delà des alliés et des hostiles, il est aussi judicieux d’identifier les objectifs de guerre. Dans ce climat de rivalités tous azimuts, il serait bon de rappeler que la terre brûlée et la survie du seul plus fort n’est pas nécessairement le meilleur objectif.

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