Dans la nuit du 9 au 10 septembre, entre 19 et 23 drones russes ont pénétré l’espace aérien polonais, via la Biélorussie, déclenchant une réponse immédiate du dispositif de l’Otan. Des F-16 polonais, soutenus par des F-35 néerlandais, ravitaillés par un appareil de l’Otan et coordonnés via un Awacs italien, sont intervenus. Au moins neuf drones auraient été abattus, dont la majorité par les F-35 de la Koninklijke Luchtmacht, l’armée de l’air royale des Pays-Bas. Les batteries de missiles Patriot allemandes déployées en Pologne ont été mises en alerte mais pas activées.
Aucune victime n’est à déplorer. La plupart des drones ont été identifiés comme des Shahed iraniens ou d’inoffensifs leurres russes Gerbera destinés à saturer les défenses adverses.
Bien qu’il ait déjà fait ses preuves en Ukraine, le système polonais SkyCtrl, développé localement par APS (Advanced Protection Systems) avec Frankenburg Technologies en Estonie et Kongsberg en Norvège pour coordonner les contre-mesures anti-drones, n’était pas opérationnel, pour cause de modernisation.
Pour les analystes, cette incursion n’a rien de fortuit. Moscou a testé les limites du dispositif européen, au niveau de ses capacités opérationnelles, de sa préparation, mais aussi de la réponse politique. Le déclenchement par Varsovie de l’article 4 de la charte de l’Otan, préalable à l’article 5 qui fait appel à l’intervention des alliés, est un message clair à Moscou.
La Russie pourrait être en train de jouer avec les nerfs des alliés de l’Ukraine pour les forcer à pousser Kiev à abandonner la lutte. La fermeté est la seule réponse acceptable à ce bluff.
Pour que cette fermeté soit crédible, il faut que l’unité politique ne vacille pas et que les gouvernements occidentaux tiennent, même s’ils sont soumis à des tensions politiques internes qui confinent au chaos. C’est aussi ça, la démocratie.










