Mobilité duale

Edito
C. Bruneau. Crédit : C. Deligey - Aerospatium.

Et si les appareils de mobilité aérienne urbaine s’engageaient… dans l’armée ? L’idée peut sembler saugrenue, alors que les difficultés des constructeurs européens depuis le dernier Bourget mettent en doute l’intérêt de ces appareils en milieu urbain. Volocopter avait fait sa première démonstration en 2023 : il a depuis été vendu pour une bouchée de pain aux Chinois de Wanfeng. Lilium a carrément fait faillite.

Mais, de l’autre côté de l’Atlantique, les plus gros acteurs continuent de développer leurs appareils à marche forcée, avec un soutien de poids : le Pentagone. Archer Aviation travaille ainsi à la version militaire du Midnight, grâce à un premier contrat de 142 M$ octroyé par l’US Air Force. Joby Aviation a également transféré un de ses appareils à l’armée pour des tests. Outre ces deux champions californiens, le constructeur du Vermont, Beta Technologies, a déjà fait voler des pilotes militaires à bord de son Alia dans le cadre de tests dès mars 2022. L’été dernier, celui-ci a effectué une campagne d’essais avec l’US Air Combat Command et l’US Air Mobility Command.

Le Pentagone a développé le programme Agility Prime pour financer ces développements et évaluer les capacités de ces nouveaux véhicules. Prévus à l’origine pour être dronisés, ils pourraient permettre des opérations plus silencieuses et discrètes, assurer une évacuation sanitaire sans piste d’atterrissage, s’accommoder d’une maintenance plus simple et moins coûteuse que les hélicoptères. Cette reconversion inattendue pourrait peut être devenir un axe de développement intéressant aussi en France, où nombre d’acteurs développent des appareils électriques, mais c’est à l’Allemagne que la Pesco a confié l’étude de drones d’évacuation sanitaire en Europe.

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