Nudités

Edito
S. Barensky. Crédit : C. Deligey - Aerospatium.

Avant la ministérielle de Brême de l’ESA, on pouvait craindre des atermoiements des Européens. L’absence de budget américain faisait peser des incertitudes sur les coopérations structurantes avec la Nasa. Bien au contraire, les ministres européens – et canadien – ont mis la main à la poche comme jamais auparavant, sursouscrivant en priorité tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une capacité de souveraineté. Car l’Europe a peur, elle se sent nue face aux menaces qui pèsent sur elle.

Les menées de la clique de Washington, prête à vendre l’Ukraine en échange d’un « bon deal » financier, fut-il rédigé par les scribes du Kremlin, ne portent pas à la confiance. Pas plus que le mépris affiché par la Maison Blanche et le Pentagone pour le droit international en mer des Caraïbes, au point d’amener l’indéfectible allié britannique lui-même à limiter ses échanges de renseignement sur la région. La vérité, nue, elle aussi, est que la confiance n’est plus là, à tel point que même les partenaires traditionnels de l’Amérique en Asie-Pacifique, de l’Australie à la Corée du Sud, en viennent à regarder vers l’Europe.

La Russie, elle, continue de menacer le Vieux Continent du feu nucléaire, en même temps qu’elle propose aux États-Unis son assistance pour une mission commune vers Mars en échange du Donbass. Mais en a-t-elle seulement les moyens ? Moscou n’a pas enregistré de succès d’une mission interplanétaire depuis quarante ans, son accès aux vols habités est menacé et son missile le plus puissant enchaîne les échecs. Le roi Poutine serait-il nu ?

La question se pose aussi pour le conquérant autoproclamé de Mars, Elon Musk. Son Starship cumule les retards au moment où son rival Jeff Bezos triomphe avec le New Glenn : de quoi tirer la couverture à lui et se présenter en possible recours pour que la Nasa puisse devancer la Chine sur la Lune… sans SpaceX.

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