Le contrat attribué à TAS Italie par l’ESA le 10 juin, à l’ouverture du salon ILA de Berlin, couvre le développement et la production de deux satellites Sentinel 1 NG (Next Generation) afin d’assurer la pérennité du service d’imagerie radar du programme Copernicus de l’Union européenne. Le marché total avoisine le 700 M€, dont ce contrat ne représente que la première tranche. Sur cette somme, près de la moitié (345 M€) est sous-traitée à Airbus DS Deutschland pour la charge utile radar. Airbus se chargera aussi des sous-systèmes mécaniques, thermiques et propulsifs des satellites.
Le premier des Sentinel 1 NG devrait être lancé vers 2034, pour prendre la relève d’un des satellites – Sentinel 1C et 1D – lancés en décembre 2024 et novembre 2025.

Les Sentinel 1 NG seront basés sur la nouvelle plateforme multi-missions Mila (Multiapplication Innovative and moduLar plAtform), déjà retenue par l’industriel franco-italien pour les satellites Chime (Copernicus Hyperspectral Imaging Mission for the Environment, alias Sentinel 10), CIMR (Copernicus Imaging Microwave Radiometer, alias Sentinel 11) et Rose L (Radar Observing System for Europe – L-band, alias Sentinel 12), également développés dans le cadre du programme Copernicus.
Plus de sensibilité, de résolution et de couverture
Alors que les Sentinel 1 de première génération disposaient d’un radar avec une antenne de 12,3 m x 0,821 m, la nouvelle génération incorporera un radar entièrement numérique, doté d’une grande antenne plane active de 13,6 m x 0,94 m et de nouvelles unités électroniques modulaires développées par Thales Alenia Space. Celles-ci rendront possible une nouvelle technique d’acquisition multicanal (MAPS : Multiple Aperture Processing Scheme) avec une plus grande bande passante et un rapport signal sur bruit accru.
Il sera ainsi possible d’améliorer la résolution spatiale des images par un facteur de 4 (de 20 m x 5 m à 5 m x 5 m) et d’élargir la zone couverte avec une fauchée opérationnelle passant de 250 à 400 km. Pour la première fois la couverture des pôles sera assurée bien que la trace de l’orbite des satellites (héliosynchrone à 697 km d’altitude et inclinée à 98,18°) ne s’en approche pas à moins de 900 km.

Outre le radar à synthèse d’ouverture, chaque satellite emportera une charge utile de collecte des signaux de balises AIS (Automatic Identification System) pour le suivi du trafic maritime.
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