Suicide en plein vol

Edito
S. Barensky. Crédit : C. Deligey - Aerospatium.

Les dossiers qui suscitent l’inquiétude à la veille de cette rentrée ne manquent pas. Les gesticulations diplomatiques d’Anchorage nous ont confirmé ce dont nous n’avions jamais douté : Vladimir Poutine n’a aucune intention d’arrêter de saigner l’Ukraine et Donald Trump n’a aucune envie de l’y contraindre, il l’admire trop pour cela. Dans ces conditions, le besoin de faire des efforts pour doter l’Europe d’une réelle souveraineté n’a jamais été aussi criant.

Cela ne va pas être simple. Là où les Français s’accordent à considérer que leur industrie de défense et leur dissuasion sont des garanties d’indépendance, leurs meilleurs alliés outre-Rhin n’y voient qu’un marché comme les autres. À Berlin on n’envisage pas un avion de combat commun comme un indispensable chef d’œuvre technique assurant la sécurité de ceux qui l’utiliseront, mais comme un nécessaire retour industriel au profit de ceux qui le fabriqueront. La souveraineté, il y a belle lurette qu’elle a été sous-traitée outre-Atlantique.

Même son de cloche dans le spatial, où l’intérêt industriel local passe souvent avant la vision européenne, comme en témoignent le soutien aux microlanceurs bavarois et les lancements stratégiques confiés à SpaceX.

La France a-t-elle les moyens d’imposer ses vues ? Cela semble d’autant plus douteux qu’elle n’aura probablement plus de gouvernement le 8 septembre au soir et que deux jours plus tard les mécontents de tout bord ont promis de bloquer le pays au nom de toutes leurs colères.

Qui votera le budget pour face à une dette abyssale ? Qui soutiendra les industriels pour la décarbonation de l’aérien ? Qui épaulera Dassault Aviation sur la Phase 2 du Scaf ? Qui fera valoir les intérêts du spatial français à Brême ?

À ce jour, nul n’en a la moindre idée.

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